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Ce n'est pas de gaieté de cœur que la Fédération des étudiants de l'ULg, réunie en son Assemblée générale ce 29 avril, s'est résolue à rendre publique les faits ici contés. Confrontée à la froideur extrême d'une administration universitaire plus soucieuse de préserver son image que d'assumer, même en interne, des errements aux conséquences gravissimes, la Fédération des étudiants ULg n 'a plus d'autre choix, aujourd'hui, après avoir tenté toutes les formes de conciliation possibles, que de placer les membres du Conseil d'Administration de notre alma mater face à leurs responsabilités. Nous souhaitons, de cette manière, les amener à se prononcer sur la manière dont l'Université a traité le cas d'un de ses étudiants. En avril 2008, l'Institut Supérieur des Langues Vivantes (ISLV), annulait l'inscription à l'ULg d'un étudiant chinois, M. Zhao Fei. Cette mesure ― une véritable exclusion définitive de l'étudiant ― fut prononcée au titre de sanction disciplinaire. Cet événement, a priori anodin, s'est malheureusement clôturé par le suicide de Zhao Fei, qui a vécu cette mesure d'exclusion comme une sanction désastreuse et disproportionnée au regard des efforts, notamment financiers, consentis par ses parents pour lui permettre de poursuivre des études en Belgique. Cette fin tragique ne doit toutefois pas éluder les nombreuses questions soulevées par cette affaire, dont certaines restent, aujourd’hui encore, sans réponse. Ainsi, de quelle compétence était doté l'ISLV pour prononcer une telle sanction disciplinaire, alors que la loi attribue le pouvoir disciplinaire au Recteur et au Conseil d'administration de l'ULg et qu'aucune délégation légale ne semble exister en faveur de l'ISLV ? A l'époque, une enseignante prend seule la décision arbitraire d'exclure purement et simplement l'étudiant Zhao Fei des cours. L'ISLV s'est, par la suite, employé à mettre en place un simulacre de procès pour couvrir cet errement. La Fédé s'interroge ainsi sur le respect des droits de la défense de Zhao Fei. Si une audition a bien été réalisée, elle l'a été alors que la décision d'exclure cet étudiant lui avait déjà été communiquée oralement. Néanmoins, au moment de son audition, Zhao Fei ne parlait ni ne comprenait correctement la langue française. De manière très concrète, cela a engendré un réel problème de compréhension de la part de cet étudiant. Cette difficulté l’a empêché d’opposer une défense réelle et de s’expliquer sur les motifs de son audition. Elle ne fut qu’amplifiée par l’impossibilité complète qu’a connu Zhao Fei de consulter son dossier administratif, alors pourtant que l’accès à ce dossier disciplinaire est d’une importance capitale pour préparer une défense correcte. Pas plus n’a-t-il pu consulter un avocat, ni faire appel à un interprète ni se faire assister d'un représentant-étudiant. Pour le reste, la motivation formelle de la décision d’annuler l’inscription de Zhao Fei, très lacunaire, ne permet pas d’éclairer correctement ses motifs réels. Les représentants de la Fédération des Etudiants de l’ULg n’ont eu de cesse, depuis cet évènement, de poser des démarches tendant à l’obtention d’informations de nature à éclairer les circonstances du renvoi de Zhao Fei. Ces démarches sont, pour l’essentiel, restées vaines. Tout laisse penser la Fédé que Zhao Fei a été exclu dans une précipitation hors du commun, sans discernement et au mépris de la loi. C’est dans ce contexte que doit intervenir, ce vendredi 3 juillet, à l’occasion du Conseil d’Administration de l’ULg, la promotion de l’une des personnes qui a pris la décision d’annuler l’inscription de Monsieur Zhao Fei, suscitant, dans le chef des représentants de la Fédération des Etudiants de l’ULg, de nouvelles questions dont ils craignent qu’elles resteront sans réponse. La Fédé est aujourd'hui résolue à ce que la mémoire de cet étudiant soit honorée et pour qu'une telle situation ne se reproduise jamais : - Nous réclamons ainsi que l'ULg n'accorde pas de promotion à l'enseignante incriminée, un an à peine après les faits graves que nous venons de conter. L'Université de Liège reconnaîtra de la sorte ses fautes de cette sombre affaire. Une faute qu'elle a jusqu'à présent refusé de reconnaître. - Nous demandons que l'ULg nous donne toutes les garanties qu'aucun étudiant, qu'il soit étranger ou non, ne subira plus jamais de sanction disciplinaire sans qu'il été averti qu'il peut au préalable être conseillé et représenté par le Conseil étudiant. A défaut d'une maîtrise parfaite de la langue française, on s'assurera de l'aide d'un interprète. - L'Université de Liège doit enfin honorer sa promesse en créant à l'ULg un organe de médiation culturelle digne d'une institution à vocation internationale. - Nous souhaitons que l'ULg restitue aux parents du défunt Zhao Fei le montant du minerval versé par celui-ci, puisqu'il y a eu « annulation d'inscription ». - Nous demandons que l'ULg reconnaisse et fasse savoir explicitement dans l'institution que les étudiants de l'ISLV ont absolument accès à tous les droits et services dont les étudiants régulièrement inscrits jouissent à ce jour. - Enfin, nous réclamons que l'ULg passe à la loupe la gestion de son Institut Supérieur des Langues Vivantes et accepte d'ouvrir les yeux sur un certain nombre de dysfonctionnements, notamment en matière de promotion du personnel. Télécharger le récapitulatif du cas. |